Connaissance de l'Eure 

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Connaissance de l’Eure n°198

Parution : mars 2021

198

édito :

Le 19e siècle et notamment sa seconde moitié est un ferment d’innovations dans les domaines scientifique et technologique, artistique et culturel, économique et politique.

Il a fallu 70 ans, le temps d’un consulat, une république, trois monarchies et deux empires pour que ce siècle enfante la troisième république, et la gestation de l’école laïque a duré plus encore, comme le décrit l’excellent article très documenté de Solange Krnel-Carranante.

Sans doute fallait-il cette lenteur pour surmonter les résistances, braver les oppositions, résoudre les tensions qu’ont suscitées, tant dans la société civile que politique, le principe de laïcité et l’instauration de l’École de la République, celle qui pose les bases d’une égalité démocratique de tout enfant, de quelque origine soit-il, devant le droit au savoir et l’accès à la connaissance.

Quelle délicate transition en effet pour passer de la toute puissante influence de l’église, aussi bien en politique que dans une éducation inégalitaire, au rôle démocratique de l’école.

Déjà le représentant du culte (la foi) voit son omnipotence rognée progressivement par la notoriété du médecin (la science) qui règne sur les corps et bientôt sur les âmes ; alors perdre la conduite des esprits au profit de maîtres d’école, pensez un peu…

C’est donc pied à pied que le parti de l’église comme celui de l’égalité républicaine avancent ou reculent sur plusieurs décennies, malgré l’implantation grandissante des « hussards noirs », et l’influence d’écrivains tels que V. Hugo ou E. Zola. C’est sous l’impulsion d’un Eurois, Aristide Briand, qu’en décembre 1905 l’État se sépare des églises, assurant à chaque citoyen la liberté de conscience, l’égalité devant l’accès à l’instruction, la culture et la formation professionnelle, facteurs d’émancipation, de respect mutuel et de fraternité entre toutes.

Depuis lors, malgré quelques soubresauts, notre école laïque offre à chaque individu un socle commun depuis lequel nous pouvons découvrir ce qui nous relie et les valeurs que nous partageons.

François Crevel

Honoraire du corps d’inspection de l’Éducation nationale

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Sommaire :

Éditorial . p. 3

Par François Crevel inspecteur honoraire (Ministère de l’Éducation nationale)

Vie des associations . p. 4

Des suites d’une longue maladie, Bernard Verwaerde, administrateur et membre du comité de rédaction, nous a quittés… Nous lui rendons hommage.

Christine Fessard vous dévoile son programme annuel de conférences : dates et un nouveau lieu.

Découvertes .p. 5

L’usine de la Soie des Andelys

Bernard Bodinier nous ouvre les portes de cet établissement fondé en 1690. Les Andelys ont une tradition textile et l’usine employait plus de 85 % de main-d’oeuvre féminine. Elle fermera ses portes en 2004.

Célébrités féminines de l’Eure d’hier à aujourd’hui

Patrice Guislin nous permet de découvrir, en avant première de sa future conférence, quelques femmes nées dans nos contrées et qui ont fasciné nos Eurois.

1936 : les femmes votent à Louviers

Claude Cornu nous apporte un témoignage très intéressant. Alors que les femmes n’ont pas encore le droit de vote, quelques maires, dont celui de Louviers, complètent leur conseil municipal.

Dossier  p. 13

Quand l’École devint laïque

C’est une longue histoire que nous conte Solange Krnel-Carranante. La vie de l’école, de 1789 à 1914 : ses habitudes, ses traditions intimement liées à celles de la société féminine. Un travail ciselé, précis et plein de non-dits. Comptes-rendus, courriers, échangés entre les diverses parties permettent de déceler le doute et l’embarras des autorités : ne pas choquer, ni heurter les consciences.

Témoignages .p. 37

Le préfet de l’Eure, Jules Barrême, assassiné !

C’est l’occasion de témoigner de ces événements encore inexpliqués ou au contraire trop explicables? Jean-Claude Rigal-Roy nous en offre sans doute le récit le plus précis qu’on connaisse.

Si l’école de Saint-Sébastien-de-Morsent m’était contée

C’est l’histoire de la dernière école laïcisée dans l’Eure que Janick Launey décrit. Cette école communale ouvre ses portes, en ce jour du 27 décembre 1861 et la première institutrice est une religieuse !

Lu pour vous .p. 54

Patrice Guislin, se penche sur 4 publications, dont celle des Amis de Bernay, (bulletin N° 84 de décembre 2020). Il vous invite aussi à marcher vers Le Val Gallerand, aux curieux bâtiments néo-normands.

La Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l’Eure, fondée en 1798, est la plus ancienne société savante de ce territoire. Elle est communément désignée sous l’appellation simplifiée de Société libre de l’Eure. Elle a son siège à Évreux, aux Archives départementales de l’Eure.