Connaissance de l'Eure 

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Connaissance de l’Eure n°217

Parution : décembre 2025

217

édito :

Nous commémorons, à juste raison, les signes de notre émancipation à l’égard des guerres, des religions ou des faits de notre histoire et de leur symbolique. Commémorer, c’est savoir d’où l’on vient. Encore faut-il ne pas travestir les faits à commémorer. Car alors, la commémoration peut faire exploser des controverses et diviser. Ces dernières années nous avons eu l’occasion de « fêter » le centenaire de l’armistice de 1918, les 80 ans du débarquement de 44, la Libération d’Évreux, les 110 ans du début de la première guerre mondiale et bien d’autres évènements (attentats, crimes...). Il était utile, par ces manifestations, de montrer l’identité historique de notre pays. Mais attention ! Par des usages désordonnés de l’histoire, par la profusion de commémorations, on peut créer l’illusion.
S’il est important de connaître son histoire, pour revivifier le tissu national et préparer un futur désirable, encore faut-il ne pas oublier= les obstacles du présent. Il y a, en effet, un décalage que l’irruption de la violence dans notre quotidien nous révèle.
La commémoration n’est jamais neutre, le rappel de nos traditions l’est encore moins. Le rappel du passé n’est pas forcément vecteur de sagesse. Mais, à trop rappeler le passé sans en avoir, au présent, tiré les bons enseignements
et corrigé les méfaits ou pérennisé les bienfaits, on risque de faire un usage désordonné de notre histoire et de nos traditions. Ce n’est pas avec la « commémorite » aigüe qu’on recoudra le tissu national. Le rappel des interactions entre notre passé et notre présent n’est utile que si leur sens, leur bien fondé, en est compris par tous. Souvent, les discours perpétuent tragiquement des situations de clivage ou de guerre et ignorent les faits qui rassemblent et apaisent. Ainsi en est-il pour moi de la Crèche de Noël, des étrennes du nouvel an et de la galette des rois.
C’est pourquoi, je vous souhaite, à tous, un joyeux Noël, une bonne galette (dans tous les sens du terme) et une bonne année 2026.
      Jean-Claude Rigal-Roy
Président du Conseil d’administration

Sommaire :

Éditorial p. 3
Vie de l’association p. 4 par Janick Launey, Solange Krnel-Carranante et Christine Fessard. Le nombre de manifestations et leur variété s’est encore enrichi.
Découvertes p. 8 Les plaques commémoratives de la société libre. Par Jean Pierre Raux, Jean-Luc Montaggioni et Philippe Leturcq Il s’agit d’une première série d’articles qui vont nous permettre de découvrir des lieux et des personnages oubliés et, qu’à l’époque, nous entendions honorer et commémorer. Jean Duperroy, procureur du roi à Pont-de-l’Arche. Philippe Mathière nous fait découvrir, en ce xvie siècle, les aspects de la vie de ce grand serviteur de l’État.
Dossier p. 23 Les possédées de Louviers, retour sur une affaire trouble. Même si le sujet a été longuement décrit, il reste encore à découvrir des aspects particuliers de cette « affaire ». Il est bon de revenir aussi sur le climat spécial qui a marqué cette époque. – Le contexte en ce xviiie siècle, renouveau du catholicisme et possessions. Par Nicolas Artaud – Le couvent des possédées de Louviers fut-il un couvent de nudistes chastes ? Par Christophe Colera.
Témoignages p. 36 Gabriel Dehail, un médecin ébroïcien. Des cartes postales anciennes nous montrent ce médecin opérant en 1917 les blessés dans l’hôpital de la Providence. Émeric Tellier, enfin, nous rappelle qui était ce grand médecin ébroïcien. Un poète libertin vexinois : Guillaume Amfrye, abbé de Chaulieu (1639-1720). Gérard Gengembre poursuit sa quête des auteurs et poètes de notre département. Sa plume avertie soulève le voile du libertinage…
Calendrier des conférences des visites et des expositions p. 50 Ce programme vous est proposé pour le second semestre 2026. Si vous êtes membres de l’association n’oubliez pas de vous inscrire pour participer à une assemblée générale qui sera très festive.

La Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l’Eure, fondée en 1798, est la plus ancienne société savante de ce territoire. Elle est communément désignée sous l’appellation simplifiée de Société libre de l’Eure. Elle a son siège à Évreux, aux Archives départementales de l’Eure.